Cinq associations taurines d'Aire sur l'Adour (Landes) ont uni leurs efforts au sein de la Junta des Peñas Aturines. Ce blog vous informe de leur activité et vous permet de vous exprimer .
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En faisant preuve de la même discrétion et d'une générosité sans pareille, Pierre Charrain vécut plusieurs vie sur la
planète taurine pour assouvir son aficion : chroniqueur pour de nombreux supports, papier ou en ligne, organisateur associatif, apoderado amateur et enfin ganadero bénévole.
Même en cherchant bien, il serait difficile de trouver dans les écrits de Pierre qui nous a quittés hier, une seule ligne
aigre à l'encontre d'un torero ou d'un ganadero. Car à l'inverse de ceux qui notent les artistes en fonction de barêmes mathématiques dont eux seuls connaissent les secrets, Pierre écrivait avec
son coeur. Ce fut toujours sa grande faiblesse, et c'est elle qui a fini par l'emporter.
Mais avant, quelles aventures ! Sa carrière professionnelle le fit bourlinguer un peu partout, puis gérer les voyages des
autres chez un important armateur. Il vivait à l'époque à Martigue, et grâce à lui et ses amis, les arène d'Istres connurent leur meilleure époque(....)
Déjà à l'époque, Pierre était intimement lié à la famille Fano, pour qui il fut d'abord un magnifique agent de propagande,
un guide éclairé, puis un mayoral bénévole quand il fallut trouver quelqu'un de confiance pour s'occuper au quotidien de la ganadería du Palmeral qu'elle venait d'acheter. Nous fûmes alors
nombreux à nous demander ce que Pierre pouvait bien faire, isolé du côté d'Arraute Charrite, au coeur de ce piémont pyrénéen si sec l'été et si boueux quand les pluies d'automne rendent les
chemins impraticables. La réponse était pourtant simple : il vivait son aficion d'une autre manière, au plus prés des bêtes, avec pour seule compagnie celle d'une velle orpheline qui avait élu
domicile prés de lui, dans sa maison.
Voici une dizaine de jours à peine, alors qu'il préparait la dernière tienta de la saison, Pierre évoquait déjà la
prochaine camada qu'il était fier d'avoir mené à floraison, du choix des lots de reproduction aux naissances, puis au marquage. Cette génération était la sienne, lui qui avait vécu à ses côtés,
oubliant le monde des hommes pour se rapprocher de celui des toros. Ce bonheur là fut le dernier d'une vie riche, et peut-être fut-il pour lui le plus profond. Vendredi soir son coeur si généreux
l'a lâché, et le notre, après tant d'années de complicité, est brisé.